Eruptions
volcaniques
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A propos des volcans :
"Monstres aux sommeils
millénaires qui grognent et remuent dans leur rêve et se
réveillent parfois pour de grandioses enfantements, pour de violents
combats où la fourmi humaine n'est qu'un spectateur impuissant
et vain. Aux quatre coins du monde, des étendues glacées
aux brûlants tropiques, les volcans engendrent d'étranges
paysages d'une variété extrême... Cônes élancés
et fiers, cheminées rigides ruiniformes, lignes douces des pentes
de cendres, courbes harmonieuses des cratères, volutes mystérieuses
et diaphanes, dentelles de glace sur les étendues minérales
sombres... Tour à tour inquiétants et paisibles, destructeurs
et bienfaisants..., ce sont les volcans". Katia et Maurice
Krafft.
Les volcans actifs se répartissent au niveau des zones de subduction (ceinture de feu du Pacifique par exemple), des points chauds (Hawaii, La Réunion), des dorsales médio-océaniques (zones d'accrétions au fond des océans) et des rifts engendrés par un écartement de la surface terrestre (Erta Ale en Afrique de l'est). Les 3/4 du volume de magma émis à la surface de la Terre l'est au niveau des dorsales océaniques situées au fond des océans et cela passe totalement inaperçu par nos yeux et nos oreilles. D'après le Smithsonian Institut, environ 1500 volcans doivent être considérés comme actifs sur terre et l'on recense une soixantaine d'éruptions par an en moyenne. L'Everest la plus haute montagne ?...Oui mais. Par rapport au niveau de la mer, l'Everest s'élève à 8892 mètres : c'est le plus haut. Le volcan Mauna Loa à Hawaii s'élève à 4169 mètres au-dessus de l'océan mais sa base repose par 5 000 mètres de fond. Très volumineux et constitué de basaltes denses et lourds, il s'enfonce considérablement dans le plancher océanique si bien que d'aprés des mesures géophysiques on estime sa taille totale à 19 kilomètres, 2 fois l'Everest ! Le volcan Chimborazo, haut de 6310 mètres se situe juste au niveau de l'Equateur et profite de la rotondité de la Terre pour s'élancer le plus loin dans l'espace par rapport au centre de la Terre (la rotation de la Terre engendre un diamètre à l'Equateur supérieur de 21 km au diamètre Pôle Nord-Pôle-Sud). Alors, quel est le plus haut des trois ? En tout cas, par rapport au niveau de la mer, c'est dans les Andes d'Amérique du Sud que se trouvent les stratovolcans actifs les plus élevés. Le record est détenu par l'Ojos del Salado (6887 m) situé sur la frontière entre le Chili et l'Argentine qui présente une activité fumerollienne, suivi de prés par le volcan Llullaillaco (6739 m) qui a eu trois éruptions au 20 ième siècle. Ces grands stratovolcans sont cependant largement dépassés par les volcans (éteints) de la planète Mars, en particulier le volcan Olympus Mons (25 km de haut et 600 km de diamètre). "Nous attendons
la mort à chaque instant. Une montagne est en éruption
prés d'ici. Nous sommes couverts de cendres, par endroits l'épaisseur
est de trois mètres. Tout a commencé le 6 juin. Nuit
et jour, nous vivons les lanternes allumées. Nous ne voyons
pas le jour. Nous n'avons pas d'eau, les rivières sont des
torrents de boue et de cendres. Ici règnent l'obscurité
et l'enfer, le tonnerre et le fracas. Je ne sais pas si nous sommes
le jour ou la nuit. La terre tremble, il y a des éclairs à
chaque minute. C'est terrible. Nous prions." Lettre écrite
par Ivan Orloff, esquimau habitant Kodiak, ville située à
160 km du volcan Katmaï (Alaska) entré en éruption
le 06 juin 1912. Cette éruption, la plus importante du XX ième
siècle expulsa 30 km3 de cendres qui ensevelirent une vallée
de 20 km de long sur 5 km de large avec par endroits une épaisseur
de 200 mètres. Cette vallée fut appelée la "vallée
des dix mille fumées" et fut découverte quatre
ans plus tard en 1916. D'après Krafft. Les éruptions volcaniques peuvent
être très différentes selon les volcans et un
même volcan peut au cours de son évolution changer plusieurs
fois de dynamisme éruptif. Plusieurs classifications sont proposées
par les volcanologues en fonction de l'intensité des explosions,
des volumes et natures des produits émis, du lieu géographique. Ces éruptions surviennent lorsqu'une grande quantité de gaz magmatiques sous pression est en jeu. Elles se produisent surtout au niveau des zones de subduction des plaques lithosphériques de la Terre et sont caractéristiques des grands stratovolcans andins par exemple. On distingue : 1-Eruptions stromboliennes. Les explosions sont faibles à modérées, la fragmentation du magma est grossière, la dispersion des téphras est faible (moins de 5 km2). L'activité du Stromboli a permis de définir ce type d'éruption qui présente aussi des émissions de laves et des paroxysmes explosifs. 2-Eruptions sub-pliniennes. L'explosion est plus importante avec émission d'un panache éruptif de plusieurs kilomètres. Les retombées peuvent couvrir une surface de prés de 500 km2 ( Manam 2004). 3-Eruptions vulcaniennes. La dispersion des retombées est identique mais la fragmentation du magma est plus fine. L'activité du volcan Vulcano a permis de définir ce type d'éruption. 4-Eruptions pliniennes. Très forte explosion qui décapite le volcan (St Helens 1980 Vésuve 79 ap.JC). Le volume de cendres et blocs expulsés est considérable, le panache éruptif atteint ou dépasse largement les 15-20 kms d'altitude. La fragmentation du magma est très fine et la surface des retombées peut atteindre 50 000 km2. 5-Eruptions ultra-pliniennes. Ce sont des éruptions cataclysmales, heureusement peu fréquentes qui correspondent à la vidange brutale d'une grande chambre magmatique (Taupo Nouvelle-Zélande, Katmai Alaska 1912) et à la formation d'une caldeira. L'épaisseur des dépôts peut atteindre plusieurs centaines de mètres par endroits et modifier l'aspect de toute une région. Ces dépôts sont appelés ignimbrites. 6-Eruptions phréatiques. Le magma sous-jacent surchauffe une ou plusieurs nappes phréatiques formées par l'accumulation d'eau d'infiltration dans les profondeurs du volcan. Une sur-pression se crée qui aboutit à l'éruption phréatique et à la formation d'un cratère généralement circulaire sur le flanc du volcan. Ce type d'éruption ne met pas en jeu du magma juvénile mais expulse des laves, blocs, cendres déja mises en place. Dans un deuxième temps, du magma peut être mis en sub-surface et l'éruption devient plus violente, c'est alors une éruption phréato-magmatique. 7-Les coulées pyroclastiques. Ce sont des avalanches dévalant les flancs du volcan provoquées par la détente brutale et horizontale de gaz magmatiques sous pression. Ces gaz entraînent du magma juvénile mais aussi des blocs et débris divers. Cet ensemble peut atteindre 200-400 °C de température et une vitesse de 400-500 km/h. Les coulées pyroclastiques sont surtout fréquentes avec les volcans ayant un dôme de lave dans leur cratère. Lorsque ce dôme (véritable bouchon de la cheminée volcanique) cède sous la pression du magma, la détente des gaz entraîne une coulée pyroclastique. L'éruption du 08 mai 1902 de la montagne Pelée à la Martinique déclencha une coulée pyroclastique qui détruisit St Pierre (28 000 victimes). 8-Les blasts. Parfois, un flanc du volcan se déstabilise et glisse. Le magma sous-jacent se retrouve brusquement proche de la surface et soumis à une brutale dépressurisation. Il s'en suit une énorme explosion qui décapite le volcan (St Helens 1980). Des coulées pyroclastiques surviennent pendant les jours suivants. Eruptions
laviques. "Au matin du départ, il mit sa planète bien en ordre. Il ramona soigneusement ses volcans en activité. Il possédait deux volcans en activité. Et c'était bien commode pour faire chauffer le petit déjeuner du matin. Il possédait aussi un volcan éteint. Mais comme il disait : "On ne sait jamais!", il ramona donc également le volcan éteint. S'ils sont bien ramonés, les volcans brûlent doucement et régulièrement, sans éruptions. Les éruptions volcaniques sont comme des feux de cheminée. Evidemment, sur notre Terre nous sommes beaucoup trop petits pour ramoner nos volcans. C'est pourquoi ils nous causent des tas d'ennuis." Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry. |