VOLCAN-ACTIF

Eruption du Piton de la Fournaise
Février 2005


Volcan Piton de la Fournaise : Situation    Alt.2631m. lat.21°13'45''S long.55°42'47''E. île de La Réunion.   

      Avec prés de 100 éruptions répertoriées durant les 300 dernières années, le Piton de la Fournaise est l'un des volcans les plus actifs de la planète.
      L'île de La Réunion est située dans la partie ouest de l'océan Indien, à 700 kms à l'est de Madagascar. De dimensions modestes (70 kms de long et 50 kms de large) elle est principalement composée de deux massifs volcaniques : le Piton de la Fournaise au sud-est qui est actif et le Piton des Neiges au nord-ouest qui est inactif depuis 12 000 ans et entaillé par des cirques et des ravines profondes. Avec ses 3 069 m, le Piton des Neiges est le sommet de l'île.
       L'île de La Réunion ne représente en fait que les 3% émergés du volume d'un volcan bouclier dont la base d'un diamètre d'environ 220 kms repose par 4 200 m de fond sur le plancher océanique du bassin des Mascareignes. La formation de cet édifice volcanique est due à la présence d'un point chaud perçant à la manière d'un chalumeau la croûte océanique et entraînant du matériel mantellique à la surface. La plaque océanique se déplaçant, ce même point chaud est à l'origine de la formation des trapps du Deccan en Inde (immense plateau formé par l'accumulation de coulées de basaltes). Ce point chaud se situe actuellement à 300 kms au sud-ouest de l'île.
        Le volcan bouclier de la Fournaise situé au sud-est de l'île de La Réunion possède dans sa partie sommitale une dépression en " fer à cheval " formée par la coalescence de deux caldeiras : le Grand Brûlé ouverte vers la mer et en amont, l'Enclos Fouqué. Le Grand Brûlé est le résultat d'un glissement de flanc de grande ampleur tandis que l'Enclos Fouqué est plutôt interprété comme étant la marque d'effondrements verticaux liés à des glissements secondaires. Une troisième caldeira, la Plaine des Sables s'est formée à l'ouest de l'Enclos Fouqué. L'ensemble Enclos Fouqué plus Grand Brûlé (13 kms sur 9 kms) est la zone où se situe la majeure partie des éruptions récentes. L'Enclos Fouqué est cerné par des remparts verticaux de 100 à 300m de haut. Dans la partie centrale de l'Enclos Fouqué se trouve un édifice de 400m de haut avec deux pit-cratères : le Bory à l'ouest (350m sur 200m) et le Dolomieu plus récent (1000m sur 700m), apparu en 1776. L'accès à la caldeira se fait par un sentier pentu aménagé depuis le Pas de Bellecombe. Une éruption typique commence (après une période de forte sismicité) par l'apparition d'une fissure éruptive avec formation de fontaines de lave pendant les premières heures. En s'agglomérant, les paquets de lave émis forment des pitons pendant que des coulées basaltiques descendent vers la mer en empruntant souvent des tunnels de lave.


                                                            Page Piton Morgabim-Eruption 11/2000

 

Volcan Actif : Eruption 
de la Fournaise

10 mars 2005                 Carte du Piton de la Fournaise                      Actualités Volcans du Monde
Suite à l'absence de signes éruptifs depuis plusieurs jours, l'observatoire a déclaré l'éruption terminée le 09 mars 2005.
06 mars 2005                
L'activité sismique enregistrée à l'aplomb du cratère Dolomieu est en nette diminution depuis plusieurs jours. Les risques d'effondrements semblent donc écartés. L'éruption commencée le 17 février a présenté des coulées de lave jusqu'au 27 février. Les services de l'Équipement vont s'employer maintenant à dégager la route nationale 2 dés que les deux coulées de laves qui l'ont traversé les 25 et 26 février seront suffisamment refroidies.
01 mars 2005                   
L'éruption semble s'arrêter. En effet, le trémor volcanique est bas et les coulées qui refroidissent ne sont plus alimentées.
Néanmoins, l'activité sismique à l'aplomb du cratère Dolomieu est toujours importante, surtout dans la partie sud-ouest du cratère, contre le cratère Bory où un effondrement s'était déjà produit en décembre 2003.
L'observatoire surveille de prés cette activité sismique sous le Dolomieu due à des affaissements internes provoqués par la vidange de réservoirs de magma. Ces affaissements pourraient par "ricochets" entraîner un effondrement en surface et former alors un pit-cratère, un épisode explosif violent avec projections de bombes et blocs ne serait pas à exclure.

28 février 2005                 
Toute l'île de La Réunion a été enveloppée, hier dimanche, dans un brouillard volcanique produit par l'important dégazage du volcan lors de l'éruption. Ce brouillard (le "vog" des anglo-saxons) est essentiellement composé par un mélange de dioxyde de soufre, de particules fines et d'eau. La présence d'un anticyclone a favorisé la mise en place de ce phénomène qui avait déjà eu lieu en juin 2001. Les concentrations de gaz et particules étant relativement faibles, il n'y a pas de risques sanitaires.
A l'heure actuelle, le trémor volcanique est toujours absent et les coulées sont figées, seules des fumerolles s'échappent dans l'atmosphère. L'activité sismique est néanmoins importante à l'aplomb du cratère Dolomieu où des événements se produisent presque continuellement. Un effondrement au niveau du Dolomieu pourrait survenir.

27 février 2005                  
Le trémor volcanique a brusquement diminué depuis hier 22h00 locales. Les coulées refroidies en surface se sont immobilisées. Arrêt ou accalmie?...Les jours qui suivent donneront la réponse.
La deuxième fissure ouverte le 25 février au pied du rempart de Bois-Blanc (qui a vomi la grande coulée de lave jusqu'à la mer) se trouve à une altitude de 450 mètres. L'observatoire fait remarquer que plus l'on avance dans le temps, plus les fissures éruptives se situent à basse altitude : 1 700 m le 17 février, 1 200 m le 21 février, 450 m le 25 février.
L'observatoire surveille donc de prés les relevés du réseau sismique dans l'éventualité d'une nouvelle crise (risque d'éruption hors Enclos pouvant toucher des habitations de Bois-Blanc et Piton Sainte Rose).
Autre risque immédiat : un effondrement touchant la surface de l'Enclos (surtout le cratère Dolomieu) avec formation d'un pit-cratère et émissions de blocs et bombes à cause de la vidange conséquente des réservoirs de magma.
26 février 2005              
Deux coulées dans l'océan!!
La deuxième fissure qui s'était ouverte hier au pied du rempart de Bois-Blanc a donné naissance aujourd'hui à une importante coulée (400-500 m de large) de laves fluides qui a dévalé les pentes du Grand-Brûlé en longeant le rempart de Bois-Blanc, coupé la R.N. 2 dite "route des laves" et atteint l'océan en fin d'après-midi.
C'est donc la septième fois que la route nationale 2 est coupée par des coulées depuis 2001!
La situation évolue d'heures en heures et de nouvelles surprises sont attendues...
26 février 2005              
La lave se jette dans l'océan!!
Hier soir, à la surprise générale, une coulée de lave a traversé la route nationale 2 vers 19h30 locales (prés du site d'août 2004) puis s'est jetée dans la mer vers 23h45.
Alors que les coulées récentes ne montraient que peu de rougeoiements, la lave a soudain dévalé à grande vitesse le Grand-Brûlé entre 16h00 et 19h30 puis a "avalé" le dernier kilomètre pour atteindre la côte à 23h45.
La sismicité a atteint un niveau élevé entre 19h30 et 21h50 avec des séismes ressentis au village de Bois-Blanc. Une deuxième fissure s'est ouverte au pied du rempart de Bois-Blanc en plus de celle située à 1 200 m d'altitude.
La soudaine apparition de coulées de lave à grande vitesse s'explique par la formation de retenues de laves à l'intérieur de coulées en partie refroidies. Lorsque la pression devient trop forte, il y a rupture du barrage et un véritable flot de lave dévale les pentes. Ce phénomène a déjà été constaté lors de l'éruption de 1998 (piton Kapor).
La gendarmerie a effectué hier vers 23h15 une reconnaissance aérienne : deux nouvelles fissures éruptives sont apparues dans la plaine des Osmondes vers le piton de Crac et une fissure s'est formée directement au pied du rempart de Bois-Blanc. Pour l'instant, il n'y a pas de fissures hors Enclos mais les deux fissures localisées contre le rempart de Bois-Blanc sont sous surveillance.
L'Enclos Fouqué reste bien sûr interdit au public. C'est la sixième fois depuis 2001 que la nationale 2, également appelée "route des laves" est coupée par une coulée de lave.
Coïncidence : les deux célèbres points chauds intra-plaque océaniques, le Kilauea à Hawaii et le Piton de la Fournaise à La Réunion offrent simultanément le spectacle de coulées de laves dans la mer.
25 février 2005             
Les coulées sont toujours actives et s'étalent au pied du dernier cassé des Grandes Pentes, assez loin de la nationale 9 et de l'océan. La sismicité du volcan est en augmentation (17 séismes sous le sommet dans la nuit de mercredi à jeudi). L'origine des séismes se situe à l'aplomb du cratère Dolomieu et ils correspondent à des effondrements internes dus à la vidange de réservoirs de magma par l'éruption. Ces effondrements internes peuvent engendrer un effondrement en surface avec formation d'un pit-cratère et des projections (en 1986 un pit-cratère s'est formé dans le Dolomieu lors de l'éruption du Tremblet).
Le survol du volcan, hier, par l'équipe de l'observatoire munie d'une caméra infrarouge a établit l'absence d'anomalie thermique. Une fissure hors Enclos n'est donc pas pour l'instant d'actualité.
L'Enclos Fouqué a de nouveau été interdit au public à cause de séismes inhabituellement forts (magnitude 3) enregistrés par l'observatoire.
24 février 2005             
L'éruption se poursuit. Les coulées de lave ont atteint le début de la forêt du Grand-Brûlé et se trouvent à environ 4 km de la N2. L'observatoire craint toujours une éruption hors Enclos et envisage le survol de la zone du rempart de Bois-Blanc avec une caméra infrarouge pour détecter d'éventuelles anomalies thermiques.
23 février 2005               
De nouvelles coulées de laves très fluides et dégazées dévalent les pentes de l'Enclos Fouqué. Une coulée est émise depuis le cône édifié sur la fissure éruptive du 17 février. Ce cône situé vers 1 700 m d'altitude émet peu de projections. La deuxième fissure éruptive qui avait été localisée à 1 200 m d'altitude, au bord du rempart de Bois-Blanc est inactive. Par contre, une coulée de lave fluide large de 2 mètres avec une vitesse de 2-3 m/s semble sortir directement de la falaise du rempart. Le trémor éruptif reste néanmoins plus faible que lors du début de l'éruption (17 et 18 février). Les mauvaises conditions météo empêchent une bonne observation, il est néanmoins probable que les nouvelles coulées situées dans la plaine des Osmondes vont franchir les Grandes Pentes.
Pour le moment, l'observatoire craint surtout l'apparition de fissures hors Enclos au niveau des hauts de Bois-Blancs et Piton Sainte-Rose où des habitations pourraient être menacées. En janvier 2002, la Fournaise avait présenté une éruption similaire au niveau du Nez coupé de Sainte-Rose dont les coulées avaient fini par se jeter dans la mer.
21 février 2005              
Le trémor volcanique a disparu et les signaux sismiques sont très faibles. Plus aucune lueur n'est visible sur la coulée. L'éruption est donc bel et bien finie après 4 jours d'activité. Un regain d'activité est toujours possible d'après l'observatoire.
20 février 2005                
Simple pause ou arrêt ? l'éruption s'est considérablement affaiblie ce matin.
La coulée est désormais noire et ne présente que des fumerolles.
Elle s'est arrêtée à environ 1 km de la route nationale 2. Des séismes et des déformations ont été enregistrées hier, conséquences de réajustements internes. Une deuxième fissure éruptive a été localisée à 1 200 m d'altitude dans la plaine des Osmondes au bord du rempart de l'Enclos. Le Piton va t'il sortir un lapin de son chapeau ?
19 février 2005                       
La fissure éruptive est située dans les Grandes Pentes (30° à 40° d'inclinaison), à 1 700 m d'altitude. Elle alimente une importante coulée de lave qui a déjà parcouru 6 km dans les premières 24 heures. Depuis la fissure, la coulée passe au voisinage du piton de Crac puis entame la descente du Grand-Brûlé. Le front de la coulée est large et sa hauteur est d'environ 2 mètres. Tôt ce matin, le front de coulée se trouve à 1.5 km de la RN2, à environ 300 mètres d'altitude. La vitesse de la coulée a diminué à cause d'une déclivité moindre et de la présence de végétation. Depuis hier soir, le trémor éruptif s'est atténué. La lave émise est riche en olivine.
Contraste : alors que le nord et l'est de l'île sont submergés sous d'importantes pluies, le sud-est de l'île crache le feu.
18 février 2005                          
Le piton de la Fournaise est entré en éruption le 17 février à 20h35 locale après une crise sismique de trois heures. Depuis le 04 février, le volcan était le siège de 10 à 50 séismes par jour avec des signes de gonflement. Un trémor volcanique est apparu à 20h35 avec l'arrivée du magma en surface.
La fissure éruptive se trouve au niveau du Nez Coupé de Sainte-Rose et les coulées de lave qui semblent importantes avaient atteint la rupture de pente du Grand-Brûlé dés 0h45 le 18 février. En fin de matinée le front de coulée se trouvait à 800 m d'altitude.
L'Enclos Fouqué est interdit au public. La préfecture a établie l'alerte 2 (éruption dans l'Enclos).
En 2004, le piton de la Fournaise a eu trois éruptions dans l'Enclos Fouqué, la RN2 a été coupée et des coulées s'étaient jetées dans la mer pour former un petit delta.