GALÁPAGOS
SUR LES LAVES... LA VIE

 

   
Situé à 1 000 km à l'ouest du continent sud-américain, l'archipel des Galápagos (nom officiel, archipel de Colón, Équateur) étale en plein Pacifique ses 19 îles ainsi qu'une centaine d'îlots et récifs sur une surface terrestre de 8 000 km2 et marine de 70 000 km2.
Toutes les îles sont d'origine volcanique, volcanisme qui est à l'heure actuelle encore très actif au niveau des îles Fernandina et Isabela. La présence d'un point chaud et le jeu des plaques Cocos et Nazca expliquent la naissance de ces îles basaltiques. La dernière éruption a eu lieu en octobre 2005 sur le volcan Sierra Negra (Ile Isabela). L'activité volcanique, d'abord sous-marine, a commencé il y a environ 15 millions d'années puis les premières îles actuelles ont émergé il y a 3 millions d'années pour les plus anciennes (Española, San Cristobal) et 1 million d'années pour les plus récentes (Fernandina, Isabela).
Le climat des Galápagos, situées sous l'Équateur, est directement influencé par les courants marins. La saison fraîche et sèche (saison de la “garua”) qui court de mai à décembre, caractérisée par une baisse des températures et des brumes fréquentes accompagne le passage du courant froid de Humboldt qui vient de l'Antarctique tandis que la saison chaude et pluvieuse court de novembre à mai sous l'influence du courant chaud de Panama. Un autre courant, le courant froid de Cromwell, venant du Pacifique ouest, affleure sur les côtes occidentales de Fernandina et d'Isabela.
L'isolement des îles et la présence de ces courants expliquent leur découverte tardive. Officiellement c'est l'évêque de Panama, Fray Tomas de Berlanga, qui les découvrit le 10 mars 1535 après avoir dérivé six jours par manque de vents et porté par le courant sub-équatorial. Les îles Galápagos avaient fini de vivre en paix. En effet, les seuls habitants de ces laves recuites par le soleil équatorial étaient les quelques espèces d'animaux et de plantes naufragés là par les hasards des vents et des courants.
Les animaux présents sur les îles, ne connaissant pas de prédateurs, n'éprouvaient pas la peur de l'homme. Le triste défilé des baleiniers et des pirates sur ces îles va s'accompagner de massacres sur les populations de tortues et d'iguanes en particulier. Plus récemment, c'est la pêche moderne et l'essor du tourisme de masse qui posent le plus de problèmes.
Le visiteur le plus célèbre est sans conteste Charles Darwin qui à bord du Beagle a découvert les îles du 17 septembre au 20 octobre 1835. Un passage rapide de un mois mais une trace éternelle pour l'humanité qui permettra à Darwin d'élaborer la théorie de “L'évolution des espèces” en 1859.
La vie moderne a certes envahi maintenant les Galápagos, les avions débarquent les touristes à l'aéroport de Baltra, des cars prennent ensuite le relais puis des bateaux avec cabines climatisées sont à disposition pour des visites encadrées et réglementées.
Mais qu'importe, la magie des îles enchantées opère toujours et l'on retrouve souvent un regard d'enfant face aux carapaces centenaires, face aux pattes rouges ou bleues que l'on approche, face à la blancheur immaculée des fous masqués, face aux iguanes si paisibles, face aux poches rouges des frégates mâles, face aux majestueux albatros, face au pinson virevoltant, face à toutes ces espèces naufragées sur un bout de caillou, en plein Pacifique, qui luttent et jouissent pour maintenir sur les laves... la vie.

Avril 2008.

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